La radioactivité au fort de Vaujours en débat

Le PARISIEN Édition Seine-et-Marne Nord

Faustine Léo | Publié le 14.09.2011, 07h00

«Si on creuse, il est probable qu’il reste de la radioactivité due aux tirs d’essais. » Bruno Chareyron, le responsable du laboratoire de la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (Criirad), évoque là le fort de Vaujours.

Ce site militaire de 45 ha réparti entre Courtry, Coubron et Vaujours (Seine-Saint-Denis) a abrité jusqu’en 1997 le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), lequel a procédé à partir de 1955, jusque dans les années 1980, à des essais pour développer la bombe atomique française.

Ces essais ont utilisé de l’uranium naturel et appauvri.

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Fort de Vaujours (seine-saint-denis). 15 ha du site ont été rachetés par l’intercommunalité de Marne et Chantereine, qui veut y implanter une zone logistique. Les 30 ha restants doivent devenir une carrière de gypse à ciel ouvert exploitée par Placo.

Cet expert vient ce soir à 20h30 à Villeparisis, à l’invitation des Amis de la Terre 77, pour expliquer ce qu’il sait de la situation du fort. « Pour certaines personnes, il est décontaminé. Ce n’est vrai ni pour l’uranium ni pour les polluants chimiques ni pour les explosifs, explique-t-il. Le CEA a bétonné certains endroits contaminés. Si on creuse, on risque de tomber sur ces poches. »

Au cours de cette réunion d’information et de travail, il fera aussi la lumière sur les stockages de déchets inertes de l’entreprise Sita FD à Villeparisis.

Pour la première fois, plusieurs associations de défense de l’environnement qui étudient le sujet (Environnement 93, Nature Environnement 77, Les Citadines, Adenca…) se réunissent afin de trouver des solutions.

Le rapport de la Criirad, à la suite du test réalisé sur une petite partie du terrain de Vaujours en 2002, a établi « une contamination résiduelle des sols par l’uranium, dépassant les critères définis par la Direction générale de la santé et montrant l’insuffisance des travaux de décontamination antérieurs ». Le sol concentre 10 000 becquerels par kilo de terre, contre 40 naturellement.

« Ces doses peuvent à la longue augmenter les risques de cancer. Mais il faut surtout être prudent par rapport aux travaux qui pourraient être engagés. », affirme Bruno Chareyron.

Réunion salle Wissols, chemin des Petits-Marais à Villeparisis, à 20h30.

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